La dorure

La dorure à la feuille :

L’opération consistant à fabtiquer des feuilles commence par le lingot…

1ère opération, le laminage: il consiste à faire avancer le lingot entre deux cylindres afin de l’amincir. Après plusieurs passes, il en résulte un ruban d’environ cinq à six centimètres de large sur plusieurs dizaines de mètres de longueur. Une recuisson est effectuée entre des passes afin d’éviter la casse.

Le compassage: le terme vient du mot compas qui sert à tracer des morceaux d’égales longueurs puis d’effectuer la coupe.

Le battage: les morceaux venants d’être coupés sont placés (par centaine) en paquets appelés Cauchet. Ces paquets sont enrobés dans des peaux de moutons.

Le premier battage se fait au marteau-pilon pendant environ une demi-heure. Les feuilles s’agrandissent petit à petit puis sont coupés en quatre et réempilées par cent.

Au deuxième battage, (manuel) les feuilles s’agrandissent à nouveau et sont recoupées en quatre.

Au troisième battage, les feuilles s’agrandissent à nouveau et sont recoupées en quatre.

Le quatrième peut alors commencer. Sa durée est d’environ neuf heures à un rythme lent pour ne pas échauffer l’or. Les feuilles issues de ce battage feront entre 1/10° et 1/40° de m/m jusqu’au micromètre. En fonction des commandes, elles auront une dimension de six à neuf centimètres de côté. Elles sont coupées une à une sur leur coussin et placées dans les carnets.

Ce travail expliqué de manière succincte dur environ soixante heures. La France comportait vingt ateliers au XVIIIème siècle contre deux aujourd’hui.

La dorure au mercure.

La dorure et l’argenture sont pratiquées pour donner l’aspect du métal précieux.
À l’origine, chez les Egyptiens, la feuille d’or (plus épaisse)était appliquée sur le métal à recouvrir et martelée sur les bords, pour s’insérer dans un sillon pratiqué sur le pourtour. La feuille de métal pouvait également être martelée sur toute la surface à dorer, préparée par des entrecroisements de traits gravés ou par une attaque à l’acide qui favorisaient l’adhésion. Ce procédé, d’origine japonaise, est appelé faux damassé ou nuname. Plus économique et requérant moins de dextérité pour la gravure et pour la préparation des fonds, certains objets d’artisanat (Tolède, Japon) sont encore aujourd’hui fabriqués de cette manière : les petites feuilles, les fils ou les points de métal coloré qui caractérisent cette production populaire y sont incrustés.

Dans le cas de la dorure au mercure appelée aussi  » or moulu « , le métal précieux est broyé en poudre et mélangé au mercure, l’amalgame ainsi obtenu est réparti sur les surfaces à dorer ou à argenter, les réserves étant recouvertes de blanc d’Espagne et le tout chauffé : le mercure se vaporise et le métal, en fondant, se soude en surface. Mélangée au cuivre ou à l’argent, suivant les goûts et les époques, la dorure peut prendre une coloration plus rouge ou plus jaune. Le XVIIIe siècle et l’époque Empire ont particulièrement mis à profit ces possibilités.
La dorure au mercure, qui présentait de graves dangers, à cause des émanations de mercure, fut interdite au milieu du XIXe siècle. Malgré cette interdiction il reste néanmoins des ateliers français possédant cette technique.

Mise au point par l’Anglais Elkington dès 1838, et exploitée par Christofle vers 1840, la dorure, comme l’argenture électrochimique, prendra désormais le pas sur la dorure au mercure, l’objet à recouvrir, rendu conductible est plongé dans un bain dans lequel passe un courant électrique, attire les molécules du métal pur : l’épaisseur de ce dernier est proportionnelle au temps de l’opération.