Nombreux sont les meubles qui parviennent à l’atelier avec le qualificatif de « vermoulu ».
En réalité il s’agit de larves d’insectes et non de vers qui se nourrissent du bois. Pour bien comprendre le phénomène, il convient de connaître le cycle de vie des insectes xylophage :
L’insecte adulte dépose, sur ou juste sous la surface du meuble, sa ponte. Quelques heures plus tard en sorte de minuscules larves qui s’enfoncent dans les profondeur du bois en mangeant la galerie qu’il sont en train de creuser et la rebouchant de leurs excréments.
Au fur et a mesure qu’ils grossissent et muent, le diamètre de la galerie augmente, et cela continue tout au long de la vie de larve de l’insecte. Ce cycle peux durer jusqu’à 5 ans pour certaines espèces ! Vous imaginez la longueur de la galerie, d’autant que chaque insecte creuse une galerie individuelle, ne communiquant jamais avec les autres.
Quand arrive le temps de la dernière mue, la larve se positionne a nouveau juste sous la surface du bois pour réaliser sa chrysalide, et lorsqu’il sort, cette fois-ci en insecte adulte, il réalise le trou rond que l’on détecte par la présence de « sciure » (qui sont donc les excréments) qui s’échappe de celui-ci. Dès lors, l’insecte n’a d’autre but que de trouver un(e) partenaire pour emmètre d’autres œufs… et la boucle est bouclée !
Voici pourquoi l’application de liquide xylophène en surface ne possède qu’une action curative limitée (en revanche son action préventive est totale) !
Aujourd’hui il n’existe que trois méthodes de désinsectisations curatives pour les meubles avec des résultats satisfaisants :
– L’anoxie : consistant à priver les larves d’oxygène
– La cryogénisation : consistant à les faire mourir de froid
– L’irradiation : consistant à modifier mortellement l’ADN des insectes.
Les deux premiers procédés ont des protocoles assez stricts mais ne permettent pas de garantir à 100% l’éradication des larves. En effet celles-ci peuvent rentrer en hibernation profonde et survivre à l’absence d’oxygène ou a une congélation.
C’est pourquoi nous préconisons le traitement par irradiation.
La désinfection par la méthode nucléaire est le résultat d’études menées pour la radio-stérilisation de matériel médical (seringues, prothèses, etc.) à usage unique. Elle est appliquée au CEA de Grenoble, pour détruire les larves, œufs, insectes, champignons qui contaminent les objets.
La désinfection est curative ; elle n’empêche pas une réinfection ultérieure, d’où l’utilité du xylophène. Par rapport aux autres méthodes, le procédé présente de nombreux avantages:
Rapidité : de l’ordre de quelques heures, plusieurs objets volumineux peuvent être désinfectés simultanément.
Efficacité : le rayonnement gamma est très pénétrant, il traverse toute la masse de l’objet, aucune zone ne se trouve hors d’atteinte.
Polyvalence : le traitement peut être appliqué à des matériaux aussi différents que des objets ethnographiques, du mobilier en bois, des tissus, du cuir, etc.
Innocuité : aucun produit chimique, liquide ou gazeux, n’est utilisé ; le traitement s’effectue à pression et température ambiante ; aucune radioactivité ne peut être induite dans l’objet au cours de l’opération. Contrairement à la plupart des désinfectants, ce traitement ne laisse aucune trace ni aucune coloration.
La désinfection permet d’arrêter le processus de dégradation par des organismes vivants. Si la dégradation est avancée la désinfection ne suffit pas. En effet, les galeries creusées par les insectes nuisent à la solidité du meuble, et l’on doit si un certain stade est atteint, décider de sa consolidation.
